Nos qualifiés aux JO de Rio : Balla Dieye, Taekwondo -68kg

by / lundi, 27 juin 2016 / Published in Actualités

A l’approche des Jeux Olympiques de Rio, le Comité National Olympique et Sportif Sénégalais vous présente à tous, les différents athlètes qualifiés, qui porteront et défendront fièrement les couleurs du Sénégal. Ces derniers nous ont permis de les connaitre davantage à travers des interviews qui nous dévoilent leur parcours, leurs objectifs et les conseils qu’ils souhaitent apporter à la jeunesse sénégalaise.

 

Bonjour, je me présente Balla Dieye, je suis capitaine de l’équipe nationale du Sénégal de Taekwondo, ceinture noire et 4ème dan. Cela fait plus de 20 ans que je pratique ce sport qui est une discipline d’origine coréenne.


Présentez nous votre parcours assez exceptionnel ?

J’ai commencé le Taekwondo ici au Sénégal à l’âge de 6 ans grâce à mon père qui était un élément du GIGN. Dans son métier, ils sont appelés à pratiquer beaucoup de sports de combat, ceci pour vous expliquer que je suis né dedans.

C’est aussi comme ça que j’ai pris goût aux arts martiaux, j’ai d’abord démarré par le karaté, puis le judo. Durant mes entrainements, on a décelé chez moi des qualités de souplesse et d’agilité, raison pour laquelle mon père m’a orienté vers ce sport.

J’ai d’abord commencé à le pratiquer à la gendarmerie de Medina puis avec Maitre Seck qui m’a formé jusqu’à ce que j’intègre l’équipe nationale en junior. C’est à ce moment là que j’ai remporté le premier championnat du Sénégal Junior.

En 2000, j’étais assez formé pour intégrer l’équipe nationale Sénior du Sénégal où j’ai obtenu ma première médaille du championnat d’Afrique en 2001. Après l’obtention de mon Bac avec mention, je suis allé en France pour faire Sport-Etude et je suis tombé dans le pôle de paris que j’ai remporté. Suite à cela, j’ai été contacté pour intégrer l’équipe de France. C’est à ce moment qu’il a fallu définir ma catégorie (-68kg), de Paris, j’ai été redirigé à Toulouse, où se trouve la petite catégorie. J’ai donc poursuivit là-bas ma formation en haut niveau pour l’équipe de France.


Quel est votre palmarès ?

J’ai été 8 fois champion de France universitaire, j’ai gagné de nombreuses compétitions internationales, j’ai été 3 fois champion d’Afrique, 9 fois champion du Sénégal, 3 fois champion du Monde francophone. J’ai été élu Meilleur sportif de l’année au Sénégal en 2010, Meilleur combattant Africain au Cameroun en 2009, Meilleur combattant à la coupe du monde francophone au Gabon et 3eme meilleur sportif de l’année 2013 par ANPS. J’ai obtenu le Prix d’encouragement de la Fondation Sport et Vertu Abdou DIOUF en 2014 et le Lion d’OR du Sénégal en 2010-2009-2008-2007-2001.

J’ai aussi remporté des Médailles de Bronzes à l’Universiade et l’Open International de Turquie, aux Accord Games en Chine et à l’US Open de Copenhague.

J’ai fini 3eme au Championnat du Monde de Taekwondo 2009-2013.

J’ai gagné les jeux africains d’Algérie et médaillé d’argent à ceux de Brazzaville. Actuellement je suis qualifié pour les JO de Rio, grâce à ma médaille d’argent obtenue aux qualifications olympiques à Agadir, afin de représenter le Sénégal.


Pourquoi combattre maintenant pour le Sénégal ?

En fait, en 2009 ma vie a prit un nouveau tournant car il m’a été demandé de choisir de représenter la France ou le Sénégal, et j’ai bien évidemment choisi mon pays le Sénégal. J’ai alors été renvoyé du pôle à Toulouse, mais j’ai quand même eu la chance de rencontrer un autre entraineur avec lequel je me suis beaucoup investit pour rester dans le haut niveau.

C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai obtenu la deuxième médaille au championnat du monde en 2013. J’ai beaucoup voyagé (US, Coréen) pour trouver un environnement qui me convenait, je suis revenu à Toulouse m’entrainer et j’ai rencontré Augustin, un ancien membre de l’équipe de France qui m’a conseillé d’aller en Allemagne au Taekwondo Competence Center. La discipline et la rigueur de ce centre m’ont motivé à y rester car c’est ce que je recherchais depuis le début.


Qu’est ce qui vous a permit de rester motivé ?

Je me suis battu jusqu’à maintenant, car quand on dépasse le stade des championnats d’Afrique, des jeux africains et qu’on obtient des médailles aux championnats du monde, il ne manque que les Jeux Olympiques et obtenir un médaille olympique.

Je me suis alors focalisé sur mes faiblesses et les raisons pour lesquelles je ne me qualifiait pas pour les JO, j’ai alors voulu mettre tous les chances de mon côté avec un bon centre, un bon coach et privilégier le travail et la rigueur. Je ne voulais plus être dans un centre où on ne faisait que me congratuler, je cherchais plutôt un centre où on soulève mes défauts et où on me permet de travailler dessus.

Lorsque mon coach m’a annoncé que je serais prêt au bout de 2 ans alors que je me sentais déjà prêt, j’étais assez surpris, mais je lui ai entièrement fait confiance. J’ai déjà eu envie d’abandonner à cause de la difficulté des entrainements et du manque de vie sociale, mais quand on voit le résultat, on ne peut être que satisfait.


Quels sont les éléments moteurs pour cette qualification aux JO ?

J’ai été motivé par trois raisons pour atteindre ma qualification aux JO, la première était vis-à-vis du Comité National Olympique, car ils ont toujours été présent pour moi et m’ont soutenu, je me suis dis que j’allais me battre pour eux, et atteindre les Jeux Olympiques.

La deuxième est à l’attention du peuple sénégalais et du Chef d’État, à qui j’avais promis de revenir avec une qualification olympique. De ce fait, je ne pouvais pas manquer à cette promesse même si j’ai eu à sacrifier beaucoup de choses pour avoir cette qualification

La troisième et la plus importante, c’est pour mon père qui m’a toujours soutenu depuis que je suis petit et qui m’a quitté en cours de route. Il tenait vraiment à ce que je participe aux Jeux Olympiques et espérait pouvoir m’y accompagner. Pour cela, il fallait que je me batte d’avantage pour obtenir une qualification en son honneur.


Vous sentez-vous imprégné des valeurs olympiques ?

J’ai côtoyé beaucoup de champions olympiques durant toute ma carrière sportive, tels que Anthony Obam, Gladys Epangue… j’ai flirté avec les valeurs olympiques depuis très longtemps à travers ces personnes et c’est la raison pour laquelle je n’ai jamais lâché mon rêve olympique.


A quoi ressemble une de vos journées type ?

Je me réveille tous les jours à 5h du matin, je fais mes prières puis je lis les journaux pour suivre l’actualité, je prends mon petit déjeuner et ensuite direction la salle de fitness de 8h à 10h. A 13h j’ai une deuxième séance d’entrainement technico-tactique, c’est dessus que je me prépare le plus, ensuite de 17h30 à 20h ce ne sont que des combats pour clôturer la journée. L’extinction des feux se fait à 22h à l’internat. Mes journées sont rythmées par 3 phases d’entrainements du lundi au vendredi, sauf le samedi où il n’y a qu’une session de 9h à 12h entièrement consacrée au technico-tactique, avec 1h supplémentaire de préparation mentale.

La préparation mentale consiste à parler de la semaine qu’on a eu, vis à vis de l’entrainement, de la famille, des collègues, de l’internat et de la relation avec le coach. La semaine doit se finir sur une note positive afin qu’on puisse rester focalisé sur nos objectifs.

Nous avons un suivit par rapport à notre poids, pour cela j’ai un régime alimentaire très strict afin de ne pas être fatigué, et garder les muscles en santé. Je n’ai plus le droit de manger des gâteaux, des pâtisseries et du lait.


Quels sont vos objectifs aux JO ?

Mon objectif est, si le bon dieu me le permet d’aller me battre pour défendre les couleurs de mon pays, après il décidera du reste. Pour le moment c’est focus sur RIO et pour la suite on verra bien ce qui arrivera.


Quels conseils donneriez vous aux jeunes qui sont sur vos traces ?

Je voudrais donner 2 conseilles aux jeunes, le premier conseil est de penser avant tout aux études car il ne faut pas se fier uniquement au sport, il faut impérativement allier les deux d’autant plus pour les carrières en haut niveau. On a tendance à croire que la carrière haut niveau est plus importante que le reste, sauf que lorsqu’une blessure survient, c’est à ce moment là qu’on réalise l’importance des études.

Il faut savoir que pour arriver au JO ce n’est pas facile, cela demande de beaucoup de travaille et faire d’autant plus de sacrifices pour obtenir un résultat, c’est la raison pour laquelle il faut travailler dur et avoir confiance en soi pour atteindre le rêve olympique.


Expliquez nous un peu d’où vous vient ce slogan qui vous suit partout ?

« Ose devenir qui tu es », est un adage qui me vient de Mohamed Ali, c’est une petite phrase qui veut tout dire, et cela fait déjà 3 ans que je la porte avec moi. J’ai eu la chance d’avoir Mohamed Ali au téléphone qui m’a dit que je pouvais conserver cette phrase, ce qui m’a beaucoup touché. C’est un slogan utilisé également dans des structures humanitaires comme la fondation Mohamed Ali qui vient en aide aux enfants à travers les valeurs de l’olympisme, du sport et de partage. C’est une phrase qui me suit tout le temps maintenant car elle est porteuse de sens à mes yeux.

3 Responses to “Nos qualifiés aux JO de Rio : Balla Dieye, Taekwondo -68kg”

  1. cnoss says : Répondre

    un Enveloppe de 99 millions prévu pour la préparation des athlètes individuels qualifiés aux Jeux Olympique.
    Prime de qualification 2 millions par athlète
    Prime de participation 3 millions par athlète

  2. James says : Répondre

    Je ne le connais pas mais impressionnant comme athlète, palmarès riches très professionnel mérite le respect …un grand bravo bon vent champion .

  3. EL HADJI NDIAME NDIAYE says : Répondre

    UNE VALEUR SURE ET UN PUR PRODUIT DU TAEKWONDO SENEGALAIS. UN MEDAILLE POTENTIEL AUX JO, SI……..

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