Nos qualifiés aux JO de Rio : Adama Diatta, Lutte -57kg

by / lundi, 13 juin 2016 / Published in Actualités

A l’approche des Jeux Olympiques de Rio, le Comité National Olympique et Sportif Sénégalais vous présente à tous, les différents athlètes qualifiés, qui porteront et défendront fièrement les couleurs du Sénégal. Ces derniers nous ont permis de les connaitre davantage à travers des interviews qui nous dévoilent leur parcours, leurs objectifs et les conseils qu’ils souhaitent apporter à la jeunesse sénégalaise.

 

Bonjour à tous, je m’appelle Adama Diatta, je suis originaire de Casamance, j’ai 28 ans et je suis lutteur professionnel depuis que j’ai 18 ans en catégorie -55 kg, maintenant je combats en catégorie -57 kg. Sinon, a vrai dire, j’ai réellement commencé la lutte traditionnelle à l’âge de 6 ans.


Présentez nous votre parcours assez exceptionnel ?

J’ai été repéré par Jean Echocolat qui a été mon premier entraineur à l’âge de 15 ans. Il était 3ème au championnat d’Afrique, il pratiquait la lutte olympique et il avait participé au championnat du monde en 2003 aux États-Unis. A son retour, il a construit une salle de sport à Cabrousse pour venir en aide aux jeunes et c’est lui qui nous a vraiment initié à ce sport. Ensuite j’ai été pris en charge par l’entraineur national Lassana Collis et le Directeur Technique National Abdou Badji pour intégrer l’équipe en 2007.

J’ai fais mes études à Cabrousse qui est ma ville d’origine. En 2006 je suis allé à Ziguinchor pour démarrer ma carrière.

Je me suis beaucoup entrainé pour participer aux Jeux Olympiques de 2012, mais j’ai été éliminé à 5 secondes. Suite à cette défaite, j’ai été remarqué par un club français, Belleu, je suis donc parti du Sénégal pour intégrer le club situé en Picardie. J’ai démarré là-bas une formation d’animateur, puis d’entraineur et enfin d’éducateur sportif.

De 2009 à 2011 j’étais à l’INSEP en France avec un ami, Gregory Ferrera, ancien lutteur de l’équipe national, qui s’est reconverti en tant que Directeur Technique du club Aredien de Lutte et conseiller de la Fédération Française de Lutte. C’est lui qui m’a présenté son club et m’a invité à les rejoindre, le club est en première division et nous avons fini 4ème au championnat de France par équipe. Nous sommes une jeune équipe en pleine croissance et nous espérons monter au podium d’ici l’année prochaine.


Quel est votre palmarès ?

J’ai été 6 fois champion d’Afrique de 2007 à aujourd’hui, double médaillé d’or aux Jeux Africains, une fois médaillé d’argent aux championnats d’Afrique, une fois médaillé de bronze aux championnats d’Afrique et 12ème aux championnats du monde en 2015 à Las Vegas, enfin j’ai obtenu ma dernière médaille d’or au tournoi de qualification des JO en 2016 à Alger.

J’ai aussi participé à de nombreux tournoi dont celui de Nice et de Pologne où j’ai fini 3ème, celui de Paris où je suis arrivé 2ème et enfin le tournoi de Rouen où j’ai été deux fois 1er et une fois 2ème . J’ai également eu l’occasion de participer au tournoi de Madrid où j’ai été classé 2ème et  pour conclure, les tournois de Bulgarie et Biélorussie où j’ai fini 3ème.


Pourquoi combattre maintenant pour le Sénégal ?

Pour moi ça a toujours été normal et naturel de combattre pour le Sénégal. J’aime le Sénégal, c’est mon pays d’origine et je veux défendre mon pays et ses couleurs. C’est difficile d’expliquer cette sensation mais c’est dans le sang, je ne peux pas faire autrement. Je ne me vois pas représenter un autre pays.


Qu’est ce qui vous a permit de rester motivé ?

Dans un premier temps j’adore le sport que je pratique (la lutte) j’ai également de bons coachs et je ne néglige jamais mes entrainements, c’est très important pour moi. Ma passion pour la lutte est ce qui me fait tenir.

Il faut quand même rappeler que la lutte fait partie de la culture sénégalaise, c’est comme une tradition ici. Je suis né dedans et plus je grandissais plus j’appréciais le pratiquer.


Quels sont les éléments moteurs pour cette qualification aux JO ?

Ça a toujours été mon rêve de participer aux Jeux Olympiques d’autant plus avec ma défaite aux qualifications en 2012 qui a été un élément déclencheur. Je me suis donné à fond pour être qualifié cette année car je ne me voyais pas me représenter en 2020 une fois de plus, je commence à être vieux. 32 ans pour un lutteur ça commence à faire âgé dans une carrière. C’est un rêve qui se réalise enfin. Étant donné les résultats que j’ai fais durant les tournois internationaux, je me suis dis que j’avais droit à ma place JO.


Vous sentez-vous imprégné des valeurs olympiques ?

Oui, je me sens évidement imprégné des valeurs olympiques et c’est la raison pour laquelle, je demande à ce qu’on puisse avoir une meilleure préparation sportive pour aller aux Jeux Olympiques de Rio. Je fais appel à l’État et toutes autres autorités pour nous aider dans nos préparations, car les JO ne sont pas les championnats d’Afrique, ne sont pas non plus les championnats du monde, là c’est vraiment le haut niveau et si on n’a pas une bonne préparation, récupération, soins médicaux on ne parviendra pas à remporter des médailles pour le pays. Nous avons besoins d’une aide morale, financière et médicale pour concourir dans de bonnes conditions.


A quoi ressemble une de vos journées type ?

Je démarre mes journées par un footing d’une heure de temps environ, puis je m’entraine à partir de 10h où je fais de la préparation physique ou technique et dans l’après-midi on fait soit des combats où des luttes à thèmes. Un exemple de lutte à thème, c’est lorsqu’on demande à l’un des combattants de prendre une jambe et à l’autre de défendre. On focalise nos entrainements sur la préparation physique et la technique ce qui les rends assez intensifs. Nous avons des sessions de 2h en matinée et 2h dans l’après-midi.

Je suis un régime assez difficile afin de rester dans ma catégorie, je dois diminuer mes portions alimentaires et augmenter mes sessions d’entrainements, je ne mange plus d’aliments gras et de boissons gazeuses.


Quels sont vos objectifs aux JO ?

J’ai toujours eu pour objectif d’être médaillé aux JO, peu importe la couleur de la médaille après le reste c’est dieu qui s’en chargera. Mais j’aimerais vraiment rentrer au Sénégal avec une médaille.


Quels conseils donneriez vous aux jeunes qui sont sur vos traces ?

Je conseille dans un premier temps à l’État et aux dirigeants de s’occuper davantage des jeunes, car au Sénégal il y a beaucoup de jeunes talents et malheureusement ils ne sont pas assez suivis.

Ensuite, je conseille aux jeunes d’aimer le sport et de redoubler d’effort dans la pratique de leur sport, d’être courageux et d’aimer ce qu’ils font, de savoir ce qu’ils veulent, de connaître leurs objectifs et bien évidemment d’être ambitieux. Il y a beaucoup de jeunes qui arrêtent les études à cause du sport et inversement, d’autres qui arrêtent le sport pour les études le plus important c’est de trouver le juste milieu. Les parents aussi doivent être compréhensifs car parfois ils ne comprennent pas le choix de leurs enfants, pourtant, ils ont un rôle important dans l’éducation sportive de ces derniers.

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