Figures féminines du bureau exécutif : Entretien avec la touchante et courageuse Cécile Faye

by / mercredi, 16 mars 2016 / Published in Actualités

Le CNOSS a l’immense honneur de vous faire découvrir suite à la journée internationale des droits des femmes du 8 mars, les figures féminines représentées au sein de son Bureau Exécutif. Aujourd’hui notre regard va se tourner vers une ancienne gardienne de but de handball.


Bonjour Madame, pouvez-vous nous présenter votre parcours, de vos débuts à votre arrivée au sein du CNOSS ?

Je me présente, Cécile Faye je suis professeur d’éducation physique de formation, sortie de l’INSEPS de Dakar. J’ai eu à enseigner dans les lycées, Djignabo (Ziguinchor), Kennedy(Dakar) Ahmed Fall (Saint-Louis) puis je suis revenue à Dakar pour intégrer le ministère des sports à la Direction de L’Éducation Physique et des Activités Sportives (DEPAS) à l’époque et actuellement (DAPS) en 1997. C’est au Ministère que j’ai rencontré l’ancien Président de la fédération sénégalaise d’escrime qui m’a invitée à rejoindre la fédération car j’avais déjà eu à m’occuper de certaines formalités administratives pour eux. Il en a fait la demande à mon Directeur, c’est comme ça que j’ai intégré la fédération d’escrime. Sinon depuis ma tendre enfance je joue au handball, d’abord dans mon village pendant les grandes vacances sur le sable de la cour de l’école, avec des bouts de bois en guise de buts. J’ai joué au poste de gardienne de but. Ensuite j’ai continué quand je suis arrivée au collège à Thiès, puis à Dakar à l’INSEPS et au Jaraaf de Dakar d’où j’ai pu être sélectionnée en équipe nationale.

Je suis arrivée au CNOSS grâce à ma fédération qui m’a présentée d’abord comme Présidente de la commission Culture et Éducation, puis membre de la commission Femmes et Sport et enfin, comme secrétaire Générale adjointe membre du bureau exécutif depuis le 11 mai 2013 suite aux élections du CNOSS.

Quelles sont vos missions actuelles au sein du bureau exécutif du CNOSS ?

Le secrétariat de façon générale s’occupe de l’administration du CNOSS en relation avec le directeur administratif. Donc tout ce qui a trait à l’organisation sportive et administrative est géré de manière globale par le secrétariat général. Puisque je suis adjointe, je travaille en collaboration avec le Secrétaire Général, lorsqu’il est absent je le remplace pour certaines tâches ponctuelles et parfois nous nous partageons les tâches, surtout lorsqu’il s’agit d’accompagner les délégations lors des compétitions internationales. J’ai été plusieurs fois chargée de mission pour conduire la délégation sénégalaise aux jeux africains et jeux de la francophonie. J’étais également chef de mission aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjin mais je n’ai pas pu y être pour des raisons professionnelles. On va dire que je suis au CNOSS à temps partiel, mais je reste disponible régulièrement à distance quand c’est nécessaire. En tant que fonctionnaire mon poste de travail actuel est Directrice du stade Léopold Sédar Senghor et c’est là-bas que je suis en permanence.

Comment vous êtes-vous mise au handball, quel a été le déclic ?

Je suis une handballeuse comme je l’ai dit plus haut, je ne pratique pas l’escrime, mais je connais tant bien que mal le règlement.

Je ne fais plus de sport en tant que tel (compétitions, entraînements) mais je fais de l’exercice physique régulièrement, comme la marche pour me maintenir et garder une bonne santé.

J’ai commencé à pratiquer le handball très tôt et lorsque je suis arrivée au collège à Thiès, les sœurs et ensuite le directeur du collège un canadien, aimaient beaucoup ce sport. Nous participions à des compétitions inter-scolaires les mercredis après-midi et c’est à ce moment que j’y ai pris goût.

J’ai été repérée par l’US Rail durant les compétitions inter-scolaires. J’ai également pratiqué l’athlétisme en formation comme option de sport individuel et spécialement les lancers. Il faut savoir qu’à l’INSEPS on est obligé de faire tous les sports au programme, mais à partir de la licence, il faut se spécialiser dans un sport collectif et dans un sport individuel. De ce fait, j’ai continué dans le handball et en sport individuel, j’ai choisi l’athlétisme avec les lancers. J’ai porté les couleurs du Jaraaf Dakar qui restera toujours mon club de cœur. C’est resté une très bonne expérience qui m’a beaucoup marquée.

Que vous a apporté ce sport au quotidien ?

Le poste de gardien de but que j’ai occupé, est pour moi le plus difficile sur le plan physique, de l’engagement et de la détermination. Il m’a appris à être très forte, parce que vous êtes le dernier recourt de l’équipe, tout le monde compte sur vous. Ça m’a aussi appris la tolérance, et l’acceptation des critiques. Imaginez lorsqu’on vous marque un but, le public est mécontent, toute votre équipe est déçue. Ce poste forge le caractère et l’esprit d’équipe. A ce poste, vous êtes obligé de parler à vos coéquipières, de collaborer et de faire en sorte qu’il y ait la cohésion dans l’équipe, peu importe les difficultés, sachant que tout le monde compte sur vous, vous êtes tenu même en cas de conflit de collaborer avec tout le monde.

Pendant la compétition, il faut mettre les problèmes et les conflits de côté pour que l’équipe fonctionne. Ce sont vraiment toutes ces qualités que j’ai apprises dans le sport. J’ai également tissé beaucoup de liens que j’ai gardés jusqu’à présent. Les relations qu’on noue dans le sport sont des relations à vie, c’est vraiment magnifique le monde du sport grâce à toutes les rencontres qu’on peut y faire.

Quelle est votre opinion sur l’importance de la place des femmes au sein du Bureau Exécutif ?

Je pense que c’est une bonne chose qu’il y ai des femmes au sein du bureau exécutif, car en toute chose c’est bien d’avoir de la diversité. Hommes et femmes doivent se partager les missions, aussi bien au niveau de la pratique, au niveau administratif et au niveau le plus élevé pour que toutes les sensibilités soient représentées. Il n’est pas sûr que la manière dont les femmes perçoivent les choses qui les concernent est la même que la manière dont les hommes les perçoivent. C’est la raison pour laquelle un projet posé par les femmes, pour les femmes est beaucoup mieux compris que s’il est posé par les hommes. C’est aussi pour quoi, il est important qu’il y ai des femmes au niveau des instances de décision. Mais par contre il faut des femmes compétentes et ne pas mettre des femmes uniquement pour l’image. Je trouve toutefois qu’au sein du bureau exécutif, nous sommes bien représentées.

Quelle est votre opinion sur la place des femmes dans le domaine sportif de façon générale ?

Je trouve que les femmes dans le milieu sportif ne sont pas assez représentées car nous les femmes, nous avons peur de nous engager. Vous me dites la place des femmes dans le sport, c’est vrai que le sport initialement a été pratiqué par les hommes et même au niveau des JO, ce n’est qu’en 1900 qu’elles ont commencé à être représentées.

Je ne suis pas d’accord qu’on dise « la place des femmes » dans le sport. Le sport est pour tout le monde, c’est une mauvaise expression car c’est comme si on nous avait fait une petite place et qu’on devait se contenter de ça. Les femmes doivent pouvoir pratiquer le sport de leur choix comme tout le monde, parce que je pense que tout le monde y a droit. J’ai été sportive et je suis maman. Cela prouve qu’on peut allier, passion, travail et vie de famille. Il s’agit de trouver le juste milieu. Le seul problème est comme disait quelqu’un, quand on fait de sa passion son métier, il y a souvent problème, pour les personnes qui ne comprennent pas. On a tendance à se donner avec passion dans le travail et ça, ce n’est pas facile à comprendre pour l’entourage.


Si vous aviez un ou des conseils à donner aux jeunes filles d’aujourd’hui, quels seraient-ils ?

Je dirai aux jeunes filles de s’en donner à cœur joie et de faire du sport. Dans le temps, c’était plus dur pour une jeune fille d’être toujours en tenue de sport, mais il fallait être passionné pour le faire. Parce que je me rappelle, en tant qu’étudiante on pouvait être en survêtement de sport du lundi au dimanche. Aujourd’hui, ça peut passer inaperçu, et en plus il y a beaucoup plus de facilités, les bienfaits du sport sont mieux connus, et les populations sont beaucoup plus sensibilisées.

Il faut que les femmes se débarrassent de l’idée selon laquelle, faire du sport enlève la féminité. On leur demande de bouger de faire de l’activité physique, mais pas forcément de faire du haut niveau, ça vous donne déjà la santé et c’est largement suffisant. Je voudrais dire à toutes les femmes et aux jeunes filles de ne pas se faire de complexe.


Petite question perso : quelles sont vos passes-temps favoris, hobbies ou plat préféré, voyage préféré, pays que vous adorez…

Mon passe-temps favori est de travailler (blague) !!!! En fait, c’est de faire les choses sans contraintes, ce que je veux dire par sans contrainte, c’est quelle que soit l’activité, par exemple prendre mon ordinateur et naviguer sur internet parce que j’en ai envie, c’est avoir envie de prendre un livre et le lire, de prendre mon téléphone et appeler une amie sans avoir de contrainte de temps ou de calendrier.

J’aime bien lire, j’aime bien regarder la télé mais je ne tiens pas longtemps devant le petit écran sauf lorsqu’il y a des émissions sportives auxquelles je suis plus attentive.

Comme plat préféré, en tant que sérère bon teint, j’aime beaucoup le couscous naturel, sans trop de sauce et sans trop d’ingrédients avec de la viande ou du poisson.

En tant que sénégalaise j’aime aussi le thiep bou dieune mais je ne le supporte pas beaucoup.

Le pays qui m’a le plus marqué dans mes voyages, c’est la France, peut-être parce que c’est le premier pays étranger que j’ai visité, mais aussi parce que le voyage est facile et pas long. Je ne m’y sens pas dépaysée puisque nous avons à peu près les mêmes habitudes.

4 Responses to “Figures féminines du bureau exécutif : Entretien avec la touchante et courageuse Cécile Faye”

  1. Giorgio says : Répondre

    Toutes mes félicitations!!!

    “C’est la raison pour laquelle un projet posé par les femmes, pour les femmes est beaucoup mieux compris que s’il est posé par les hommes. C’est aussi pour quoi, il est important qu’il y ai des femmes au niveau des instances de décision. Mais par contre il faut des femmes compétentes et ne pas mettre des femmes uniquement pour l’image.”

    Tout à fait d’accord mais je pense que c’est moins visible dans le milieu sportif.

    Bonne chance et bon courage à vous madame

    Cordialement

  2. Jeanne says : Répondre

    Bravo! et Merci de nous montrer par l’exemple que la pratique du sport est vraiment importante dans la vie de tous les jours, que l’on peut concilier vie familiale et travail avec succès!
    Jeanne Faye

  3. olivier says : Répondre

    Bonne chance et bon courage à vous Madame.

  4. un parcours bien riche. je suis épaté. courage à vous. j’imagine une mère avec toutes ces charges mais tous se passe dans la tete. Seul le pauvre d’esprit qui trouve en lui toutes ces taches difficiles et passe son temps à accuser les autres et s’oublie comme premier responsable de ses problèmes. le bonheur n’est pas une destination, le bonheur c’est la voie qui mène au succès. il faut avoir la joie, le courage d’aimer ce qu’on fait, ce qu’on est, ce qu’on a: c’est une forme de reconnaissance et de sagesse humaine. La promotion 2016 de l’EIMA vous dit et redit F-E-L-I-C-I-T-A-T-I-O-N. Mon chapeau bas MADAME.

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